Je contrôle mes émotions, elles ne me contrôlent plus

Hier, l’attitude de quelqu’un de proche m’a blessée.

Immédiatement, en recevant son messsage et en lisant ses quelques mots, mon corps s’est manifesté.

Ma nuque se crispe, ma colonne vertébrale se rigidifie, mon ventre s’enflamme.

Les frissons, les vibrations, les sensations de décharges électriques, (que j’ai déjà évoqués dans d’autres articles), tout ce qui circule de manière fluide dans tout mon corps, c’est pour du positif. Quand quelque chose me touche, me va droit au cœur, quand mon intuition se manifeste, quand j’ai une connexion si forte avec quelqu’un que l’échange se fait au-delà des mots.

Les tensions, contractions, crispations, chaleurs, tout ce qui crée un blocage ou un nœud énergétique sont généralement associées à du négatif.

Mon corps, votre corps, est le premier indicateur, votre meilleur allié pour progressivement apprendre à vous connaitre. Il ne se trompe jamais, il ressent plus vite les choses que vous, vous ne les pensez. C’est pourquoi les sensations physiques précédent généralement de quelques (centièmes de) secondes l’émotion.

Notre corps, il nous envoie des signes. Que trop souvent nous négligeons. Jusqu’à ce que, parfois, il craque (vous êtes tellement nombreux à m’avoir confié vos angoisses, mais aussi vos crises d’angoisse, vos arrêts maladie, vos burn outs … je ne suis pas passée par là, mais j’en ai été le témoin trop de fois. Je ne m’y attendais pas, cela me touche profondément et me révolte même … pourquoi en arrive-t-on à s’imposer cela ? écoutez-vous, écoutez votre corps et les signes qu’il vous fait passer avant qu’il n’en arrive au point de non retour.)

Donc, là, la colère se manifeste, se répand en moi. Très clairement.

Il y a 2 ans, peut-être encore un an je ne sais pas, j’aurais certainement répondu à chaud, certainement avec des mots plus virulents que ceux que je pensais vraiment. Et que j’aurai regrettés ensuite. Car j’aurai tout pris personnellement. J’aurai interprété l’attitude de cette personne dans le sens qui m’arrangeait pour justifier ma colère et n’aurai pas essayé de voir les choses comme elles le sont vraiment.

Mais ça, c’était avant.

J’ai respiré. Profondément. Inspiré. Expiré. La respiration te reconnecte à toi-même. C’est immédiat. Inspiré. Expiré.

J’ai OBSERVE ce qui se passait en moi. Oui observé. Car OK, CA SE PASSE EN MOI, MAIS CE N’EST PAS MOI. Et ce n’est pas pareil. Tu peux décider de te laisser contaminer par ces sensations physiques et donc ouvrir la porte à l’émotion. En observant, tu introduis immédiatement une distance. En te posant en spectacteur de tes sensations, tu prends le contrôle sur l’émotion associée. J’ai donc détaillé, décomposé les sensations : la contraction dans la nuque, la raideur dans le dos, la chaleur dans le ventre.

Elles ont le droit de se manifester. Mais j’ai le droit de ne pas leur laisser prendre le contrôle.

 

 

Puis, j’ai réfléchi à pourquoi je réagissais comme ça. A ce que ma réaction indiquait. Pourquoi cette attitude m’a blessée ? Qu’est-ce que c’est venu toucher qu’apparemment je n’ai pas encore libéré ? Dans le miroir qu’était cette personne à ce moment-là, qu’est-ce que j’avais à voir de moi-même ?

J’ai désamorcé une partie de la bombe. Observé qu’une partie de ma réaction était une pure réaction d’ego, basée sur une supposition que je faisais de l’intention de l’autre. Car au fond de moi, depuis le cœur, je sentais bien que cette personne ne l’avait pas fait avec un mauvais fond. Par négligence. Mais pas par méchanceté. Mais souvent, si on ne se contrôle pas, notre mental s’engouffre dans la brèche, y saute à pieds joints et essaie de nous faire voir la pire hypothèse. Parce que c’est « confortable » de s’énerver, de partir au quart de tour. D’une certaine manière, c’est aussi une zone de confort : c’est évidemment plus facile de rejeter la faute sur l’autre que d’analyser pourquoi son attitude nous blesse autant, voir ce que l’on a fait pour la provoquer.

Malgré tout les sensations physiques étaient toujours là. Moins présentes. Moins polluantes. Mais elles revenaient immédiatement dès que j’y pensais.

Je suis allée à la plage, dans l’intention de méditer. Et finalement, j’ai hurlé. Il y avait du vent, personne ne m’entendait. Une fois. Deux fois. Trois fois. Pour faire sortir l’émotion négative.

Je suis rentrée en courant car il s’est mis à pleuvoir des cordes. Le peu qu’il restait encore est sorti.

J’ai réalisé ensuite que s’il ne restait plus de colère, il restait néanmoins de la tristesse. J’étais descendue d’un cran dans l’échelle des émotions.

J’ai regardé en face cette tristesse. Elle m’a semblée plus juste et plus fondée que ma première réaction de colère. Peut-être que je pourrai aller plus loin encore dans mon miroir. Mais pour aujourd’hui, je me suis arrêtée là.

J’ai écris calmement à cette personne. Sans animosité. Sans jugement. Sans méchanceté. Juste pour lui expliquer que son attitude m’avait touchée et pour quelle raison. En partant du principe que les choses étaient comme elles semblaient l’être, qu’il s’agissait plus de négligence que de méchanceté. Et qu’elle m’avait blessée certainement sans le savoir. Mais que pour autant, j’avais besoin de partager avec elle ce que cela m’avait fait ressentir.

Puis je suis passée à autre chose. Complétement. Sans avoir à me forcer. Et je n’y ai plus pensé de la journée.

Bref, j’ai changé.

« Les émotions sont des indicateurs de ma situation … mais ne doivent jamais être les dictateurs de ma réaction »
Lysa TerKeurst

Photo by Adi Constantin

2017-09-04T16:11:52+00:00 - juillet 2016 -|Tags: , , , |