« Je t’aime beaucoup, mais je m’arrête là. »

Je t’aime beaucoup, mais je m’arrête là. Je me retire de ce que nous avons, ou avons essayé d’avoir. Je nous préfère amis que « plus qu’amis » comme on dit.

Je sais bien que tu m’adores, que je te fais du bien, qu’à ta manière tu m’aimes très fort.

Je le sais car tu me l’as dit. Et je te crois volontiers car je sais cette magnifique sincérité, cette transparence à chaque instant qui sont le socle de notre relation d’amitié.

Je le sais, mais je ne le ressens pas. Ta manière d’être n’est ni bonne, ni mauvaise. Elle est tienne tout simplement. En aucun cas, je la juge ou te la reproche. Malheureusement pour toi, pour nous, elle m’insécurise. Je ne ressens en rien ce que tu me dis de nous dans ce que tu me montres et me donnes de toi.

Ca va au-delà de ne pas avoir le même langage d’amour et de tendresse comme on l’a cru au départ (cf mon post il y a quelques semaines sur ce sujet). Cela n’a rien à voir avec le fait que je suis plus tactile, entre autres, que toi.

Tu m’aimes moins bien dans ces instants qui outrepassent l’amitié que tu ne sais m’aimer comme amie au quotidien. Enfin non, je reformule, ce n’est pas toi qui m’aime moins bien c’est moi, dans cet espace différent qu’est la relation sentimentale, qui valorise autre chose et me sens moins bien aimée.

Je me sens rejetée, non désirée. C’est mon ressenti, mon expérience. Face à ce que tu es et offres de toi, une autre que moi serait très heureuse, peut-être même comblée. Une troisième encore serait indifférente.

Cela m’appartient. Tout comme cela m’appartient également de décider que je ne souhaite plus ressentir cela dans ma vie.

Je me répète, je ne dis pas que TU ME REJETTES. Je dis que JE ME SENS REJETTEE.

Et pas de chance pour toi, ça, c’est mon point faible, ma grande blessure. Je t’ai d’ailleurs certainement attirée à moi en ce moment précis car je la travaille activement. J’en suis à cette merveilleuse étape de la prise de conscience. Et tu ne seras pas la relation de plus dans laquelle j’expérimenterais du rejet. Tu es celle qui me permet de me libérer définitivement. De ce mécanisme que j’ai laissé s’immiscer en moi ces deux dernières années.

Car je le sais, on cesse d’attirer à soi certaines personnes à mesure que l’on soigne les parts de nous qui ont besoin d’elles. Et tant qu’on ne se fait pas ce cadeau de confronter et soigner nos parts d’ombre, l’Univers nous refait passer le test. Et cette fois, je vais le réussir.

En tant qu’individus, on est tous les deux dédiés à notre chemin d’éveil, de croissance, ce chemin qui nous mène vers soi-même. Soi-m’aime.

Voilà, car c’est de cela dont il s’agit.
D’amour de soi avant tout.

On ne peut aimer tant qu’on ne sait pas s’aimer soi-même. Tout comme on ne peut pas se laisser aimer sereinement tant qu’on ne s’aime soi-même.

J’apprends chaque jour à m’aimer davantage. Je pensais être plutôt bien lotie en amour et estime de moi. Et bien je réalise depuis quelques temps à quel point ce qui dans cette société semble être une bonne moyenne, un «bon lot», est en fait encore bien en-delà de la dose minimum que l’on devrait s’offrir à chaque instant pour que ce monde tourne rond.

Je sais que l’on s’est compris. Merci à toi pour cet échange, en conscience et en toute bienveillance. Je suis heureuse et soulagée qu’il n’y ait aucun doute pour toi : je ne cherche pas à te changer. En aucun cas. Je me change moi-même. Et cela passe par de nombreuses petites choses, pas à pas. Comme clarifier le périmètre vital dont j’ai besoin pour être et avancer sereinement. Comme décider de ne pas m’adapter, me minimiser pour entrer dans cette relation même si je t’adore.

Je ne serai pas vraie avec moi-même si je continuais de tolérer moins que ce que je désire vivre. Je ne serais pas réellement dédiée à ma croissance personnelle si j’acceptais consciemment une relation dans laquelle je me sens comme «dure à aimer», «trop ceci ou pas assez cela».

Les « limites aimantes » que je mets désormais autour de ma personne sont mises chaque fois plus en conscience de ce que je suis, de ce que je désire, de ce que je mérite. Elles ne sont en aucun cas CONTRE TOI, elles sont là POUR MOI. Car aussi sincère sois-tu, je ne désire plus me sentir mal à chaque instant.

Et toi aussi, tu mérites mieux. Car cette insécurité que je n’ai pas encore totalement soignée, l’insatisfaction qu’elle me génère font naître en toi cette sensation lourde de ne pas être à la hauteur, de ne pas être assez bien. Evidemment. Et en aucun cas, c’est ce que je pense et souhaite te faire expérimenter.

Alors, je me retire. En conscience. En bienveillance. Car je te respecte trop pour te blesser. Car je me respecte trop pour me blesser. Parce que je t’aime profondément pour ce que tu es. Parce que je m’aime pour ce que je suis. »

Je choisis aujourd’hui de vous partager ce texte que j’ai écrit il y a 3 semaines.

C’est une histoire qui si elle peut sembler douloureuse n’a pas du tout été vécue comme telle. Et qui finit très bien ! Dans cet échange et prises de conscience multiples, chacun a remercié l’autre du miroir fabuleux qu’il avait été pour lui. On n’en est devenus que des amis plus proches encore.

Cette discussion on l’a eu trois fois. Car j’ai replongé deux fois. Et me suis éloignée 3 fois.

La dernière fois, bien plus fermement. Pas contre lui, mais plutôt comme une formidable déclaration que je me suis faite à moi-même. Un vrai cri du cœur.

Des le lendemain, on franchissait à nouveau les limites de l’amitié. On a replongé tous les deux, mais tout est different. TOUT. Notre couple aujourd’hui est épanouissant, enrichissant, respectueux. Il est même devenu plus tactil que moi comme par magie, tiens.

Si c’était à refaire … je referai tout pareil.
Et lui aussi je crois bien.

Ce que je veux te dire via ce partage c’est que se respecter soi-même apprend aux autres à nous respecter.

L’amour que l’on se donne à soi enseigne aux autres la manière dont on souhaite être aimé.

Parfois, refuser une relation avec quelqu’un qui pourtant nous plaît est le plus grand acte d’amour de soi que l’on peut s’offrir. Car parfois, le prix à payer, pour une belle connexion et des moments de partage aussi magnifiques soient-ils, peut être trop élevé.

Et comme tout est histoire de vibrations, en ne se résignant pas à accepter moins que ce que l’on souhaiterait, on maintient voire on élève nos vibrations.

C’est dans ces promesses que l’on se fait à soi-même, dans ces instants de profonde clarification de ce que l’on désire, que l’on indique à l’Univers ce que l’on souhaite désormais attirer à soi.

Qui me comprend ?

2017-09-07T16:15:14+00:00 - septembre 2017 -|Tags: , , |