LOUISON – « A 16 ans, mon année en Norvège m’a appris à m’ouvrir sur le monde et sur moi-même »

« Les jeunes, de nos jours ! Ils sont vraiment mal élevés ! », « Ils passent leur vie sur les réseaux sociaux. », « Aujourd’hui, on leur donne le bac ! Le niveau scolaire est archi bas. »…

Je me suis longtemps demandé pourquoi tant de clichés et de généralités sur ma génération persistaient. Il y a, certes, du vrai dans ces affirmations mais je ne comprends pas qu’elles demeurent aussi tenaces alors qu’il existe tellement d’occasions de saluer les initiatives prises par des adolescents. Je voudrais donc motiver d’autres jeunes à se lancer dans des aventures pour que changent les mentalités nous concernant.

Découvrir la culture et le quotidien d’un pays en profondeur. C’est ce qui m’a motivée à couper le rythme effréné de ma vie de lycéenne parisienne en classe de première scientifique.

A 16 ans, dès que l’opportunité s’est présentée, j’ai décidé de partir seule pour une année scolaire en Norvège vivre dans une famille d’accueil et étudier au lycée norvégien.

Je suis arrivée dans la ville de Kongsberg dans le sud-est de la Norvège où une famille a accepté bénévolement de m’accueillir pour un an. Grâce à eux, j’ai pu vivre telle une Norvégienne et mieux m’intégrer dans ce cadre de vie encore inconnu quelques mois auparavant. C’est une approche de l’étranger que je n’avais jamais expérimentée auparavant.

En réalité, le terme « partir seule » est inapproprié. Le fait de partir sans être accompagnée par un proche m’a au contraire incité au contact avec les autres et notamment les locaux. En adoptant un nouveau mode de vie, j’ai été amenée à m’interroger sur ma culture d’origine et à en distinguer les spécificités. J’ai ainsi appris à tirer le meilleur de chaque culture et à garder uniquement ce qui me plaisait le plus en France et en Norvège.

De plus, j’ai eu la chance de rencontrer d’autres lycéens comme moi venus d’Italie, de Chine, du Brésil, d’Allemagne ou de Thaïlande. J’ai tissé avec chacun d’entre eux une relation particulière faite de fous rires, de partages, de galères et de quiproquos bien sûr. On a tous appris à être patients et à revoir les stéréotypes liés à l’origine que nous avions immanquablement les uns envers les autres.

Ces rencontres ont surtout éveillé en moi une prise de conscience. Bien que j’avais la sensation d’y avoir été sensibilisée avant mon départ, j’ai véritablement réalisé qu’il y avait moyen de dépasser les différences culturelles malgré les malentendus que nous avons traversés, que certaines formes de communication étaient universelles. J’ai également l’impression de mieux mesurer les inégalités et les injustices entre les humains. Je me sens plus sensible à ces causes et j’ai désormais l’envie de m’engager dans les droits de l’Homme d’une manière encore indéterminée pour le moment.

Enfin, j’ai évidemment découvert des aspects de ma personnalité qui m’étaient alors inconnus.

Étonnamment, je me suis révélée moins timide et plus confiante en moi que prévu. Pendant cette année, j’ai dû me faire violence pour aller vers les autres lycéens et nouer des liens avec eux. J’étais anxieuse, les Norvégiens étant réputés comme des gens froids et distants. Cependant, ils se sont au contraire montrés très accueillants avec moi.

Aujourd’hui, un bain dans un lac gelé et quelques kilomètres de ski de fond plus tard, je me rends compte que j’ai vécu cette année les émotions les plus belles mais aussi les plus inattendues de ma vie. Je vous souhaite à tous d’en vivre à votre tour.

Je suis partie avec l’association AFS Vivre Sans Frontières mais il en existe d’autres telles que YFU, PIE ou CEI. Vous trouverez plus d’informations à l’UNSE (http://www.unse.org). Et si vous avez passé l’âge de partir étudier au lycée, vous pouvez également faire venir un petit bout du monde chez vous en offrant un foyer à un adolescent étranger.

Témoignage de Louison que vous pouvez contacter si vous le souhaitez ici !

2017-09-13T11:09:07+00:00 - septembre 2017 -|Tags: , |